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| La Mission de
Kaolack (Sénégal)
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Souhaitant vous partager sur ce site, des nouvelles des
frères carmes, comme le fait notre Lettre aux Amis, nous
publions ci dessous un dossier sur la Mission de Kaolack au
Sénégal, paru dans le journal Famille
Chrétienne en mars 2008, avec l'aimable autorisation de la
rédaction. Pour en savoir plus sur cette mission :
- Participez
à la soirée de
présentation de la mission au couvent de Montpellier le
mercredi 23 avril 2008. Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien.
- Consultez la page de présentation
de la mission
sur le site du Carmel en France : cliquez sur ce lien.
Dossier paru dans Famille Chrétienne,
réalisé par Sophie Le Pivain.
L’eau vive des carmes
ou le développement durable au Sénégal.
La
Journée mondiale de
l’eau, le 20 mars 2008, est consacrée à
l’assainissement. Un défi vital, notamment en
Afrique, où la pénurie et
l’insalubrité sont le quotidien des populations.
Reportage avec une
communauté de carmes au Sénégal, dont
les innovations technologiques
pourraient bien faire date.
Onze heures et demie. La réunion prévue
à 9 h du matin peut enfin
commencer. Les derniers villageois prennent place nonchalamment dans la
salle aux murs blancs. Des chaises circulent de bras en bras pour
asseoir la soixantaine de personnes. Des femmes aux boubous
multicolores sont assises sur une natte tressée. En ce mois
de février,
elles ont fait plusieurs kilomètres à pied par
plus de 35°C, leur bébé
bien accroché dans le dos, pour représenter leur
village à la rencontre
d’aujourd’hui. Malgré les quelques
quarts d’heure de retard, tous les
regards sont vissés sur les intervenants, qui
s’expriment en wolof.
L’événement est de taille pour ces
habitants de Goundiour Saloum, Keur
Gallo Diawo, Kossi Tiamene, Keur Diarra Peul, Keur Diarra Bambara, Bifi
Peu1 et Biil Bambara, sept villages peuls musulmans de la
région de
Ndiaffat, au sud-est de Dakar, la capitale du
Sénégal. Il s’agit
d’élire le comité de gestion du forage
qui permettra bientôt
d’acheminer l’eau de trois cents mètres
de profondeur jusqu’aux
bornes-robinets déjà construites au beau milieu
des cases, dans chacun
des villages, ainsi qu’aux abreuvoirs.
«Ici, la meffleure façon ds parler du Christ,
c’est d’apporter l'eau»
De
quoi changer la vie des
habitants de cette région quasi désertique dans
laquelle ne tombent que six cents millimètres
d’eau par an, au cours des trois mois que dure la saison des
pluies. Tout au long de la saison sèche, hommes, femmes ou
enfants parcourent de plus en plus de kilomètres
à pied ou en charrette jusqu’à leurs
puits, pour en tirer une eau souvent infestée de
bactéries, au fur et à mesure que ceux-ci
s’assèchent. Parmi les organisateurs de cette
rencontre en pleine brousse, dans le seul bâtiment en dur des
environs, un «toubab’» (un Blanc). Sa
djellaba à lui, c’est une robe en coton clair,
avec un scapulaire et un large col à capuchon. Pour que les
villageois le comprennent, l’un d’eux traduit en
wolof ce qu’il leur dit dans un français qui ne
laisse aucun doute sur ses origines marseillaises. S’il est
aujourd’hui question de forage, d’eau courante et
de château d’eau, c’est grâce
à sa communauté. Frère Luc-Marie est
le prieur du couvent des carmes, qui ont débarqué
il y a six ans de leur province de Montpellier, à
l’appel de l’évêque de
Kaolack, pour implanter dans le diocèse la branche masculine
du Carmel et y assurer l’animation du futur grand centre
spirituel du diocèse: le sanctuaire marial Ker Mariama, un
séminaire de propédeutique, un centre de
retraites spirituelles, et le couvent de la communauté, qui
n’attendent plus que les fonds nécessaires pour
sortir de terre sur le terrain de trente hectares dont dispose la
communauté.
C’est
justement sur
cette terre poussiéreuse que le château
d’eau, qui enverra l’eau aux villages du haut de
ses cent cinquante mètres, est en construction.
S’il tâche d’être
fidèle autant que possible aux deux heures
d’oraison quotidienne et à la liturgie des Heures
en communauté, comme en tout temps de fondation,
Frère Luc-Marie n’a pas
hésité à bousculer un peu son
emploi du temps carmélitain pour mettre en place cette
grosse opération de développement avec
l’aide de la Caritas locale, qui a le rôle de
maître d’ouvrage. «Notre projet ne
pouvait pas se développer sans disposer d’un
forage. Trouver et capter de l’eau fut donc dès le
départ une priorité et une
nécessité. Mais il était impensable
d’alimenter en eau la centaine de personnes
appelées à vivre sur le site, sans penser aux
quelque mille sept cents habitants du secteur et leurs deux mille
têtes de bétail.»
La vocation des Carmes est avant tout de rejoindre les hommes dans leur
pauvreté intérieure et spirituelle.
«Mais, reprend le prieur, Jean-Paul II disait qu’en
Afrique, on ne peut pas envisager
l’évangélisation seulement sur un plan
théologal, sans prendre en compte la
réalité de ce que vivent les gens. Ici, la
meilleure manière de leur parler du Christ, c’est
de leur apporter l’eau, qui est la vie. Ce n’est
pas sans nous rappeler la Samaritaine. Ces musulmans sont pour nous la
Samaritaine. Nous voulons leur apporter à boire
l’eau vive du Christ. » Alors, Frère
Luc-Marie, que ni ses études d’Histoire ni sa
vocation de carme ne prédisposaient à devenir
expert en hydraulique, est passé maître dans la
connaissance de l’écosystème de la
région du Sine Saloum, dans les techniques de forage, et
autres recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la
santé, dépendant des Nations unies). Et troque
volontiers son habit contre un tee-shirt et une casquette pour
travailler avec les ouvriers. Franche coopération avec les
chefs de villages et amitié avec les habitants.
En attendant, le carmel de
l’Enfant-Jésus, qui abrite la petite
communauté — quatre Frères
français, un novice venu de Guinée, et un jeune
«regardant» sénégalais
—, s’est installé dans une maison de
location dans la ville de Kaolack, à quinze
kilomètres de leur terrain. Frère Luc-Marie,
parfois accompagné ou relayé par ses
Frères, se rend là-bas
régulièrement pour s’occuper du projet.
Il est devenu persona grata dans les villages. Lorsqu’ils
aperçoivent son 4x4 Pajero, des grappes d’enfants
rieurs courent au-devant de lui en criant: «Luc! Luc
I». L’un d’eux, né depuis son
arrivée, porte même son prénom. Quant
aux chefs de village, ils lui donnent une franche poignée de
main et devisent sérieusement avec lui. Il confie
même avoir noué des liens
d’amitié avec certains, comme Amadou, un jeune
homme solide à la mince silhouette et aux traits fins.
Grâce à lui, entre autres, il a
découvert la «Teranga»
sénégalaise. Pour le prieur, «au
Sénégat, la fraternité,
l’entraide, la solidarité sont quelque chose de
particulièrement sacré. On appelle cela la
Teranga, qui signifie “accueil” en wolof. Parmi les
grandes richesses de l’âme africaine, la plus belle
est sans doute ce sens de l’amitié ».
Aujourd’hui, Amadou, ce tout jeune père de famille
de Keur Gallo, le village le plus proche, a l’un des premiers
«CDI» locaux que le projet ne manquera pas
d’engendrer. Depuis l’avancée
des travaux, il est le gardien du terrain, où il a
même sa case. Il peut ainsi surveiller la croissance des
jeunes arbres de trente espèces locales que les
Frères ont plantés l’année
dernière, dans un programme de reboisement, et qui
prospèrent grâce à un
ingénieux système de goutte-à-goutte
pompé dans le forage.
Avec l’acheminement de l’eau, beaucoup de
perspectives sont ouvertes: la communauté espère
améliorer la condition des femmes, qui disposeront de plus
de temps, l’éducation des enfants, la formation
professionnelle des jeunes, et l’activité
économique. Les habitants ne s’y sont pas
trompés, eux qui ont fait cadeau du terrain au
diocèse. Lorsqu’un projet de monastère
a été évoqué, ils ont
envoyé quelques- uns des leurs au monastère
bénédictin de Keur Moussa, fondé par
l’abbaye de Solesmes en 1961, pour voir ce dont il
s’agissait. De retour, ils étaient unanimes:
«Si c’est cela, ça vaut le
coup!»
C’est aussi ce qui a séduit la
Coopération française, qui a financé
75 % des 16 000 euros nécessaires au forage,
après avoir vérifié qu’il
correspondait bien aux critères
sévères qu’elle impose. L’une
des plus grosses subventions accordées la même
année. Si les travaux se passent comme prévu, le
château d’eau sera solennellement
inauguré en mai, en présence de
l’évêque, de l’ambassadeur de
France, et d’autres personnalités civiles et
religieuses locales.
Mais l’aventure est loin d’être
terminée. Car si l’eau du forage est
bactériologiquement pure, elle affiche un taux de fluor
excessif: 4,5 mg par litre, trois fois plus que les
recommandations de l’OMS pour l’eau de boisson,
avec des conséquences désastreuses pour les
enfants: elle teinte les dents en noir et fragilise les os, pouvant
entraîner arthrose, rhumatismes articulaires, rachitisme, et
parfois handicaps moteurs ou débilité mentale.
Jusqu’à présent, aucun
système de traitement de l’eau fluorée
n’a jamais été mis en place dans les
huit cents forages sénégalais
concernés. Faute d’investigation technologique,
faute de moyens, faute aussi, de l’aveu même
d’un acteur local, de savoir regarder loin vers
l’avenir.
Les
religieux, eux, ont
l’éternité pour seule perspective, et
ne comptent pas leurs efforts. «La santé des
populations doit être une priorité absolue, quels
que soient les efforts que cela suppose », estime
Frère Luc-Marie. Grâce à son carnet
d’adresses devenu épais depuis son
arrivée au Sénégal, le prieur a
franchi un pas de plus dans l’initiative technologique,
jusqu’à rentrer en contact avec Courfia Diawara,
scientifique sénégalais, maître de
conférence à l’université de
Dakar, et spécialiste d’une technique de
traitement des eaux.
Le projet des Frères pourrait bien donner corps au
rêve que le scientifique caresse depuis plusieurs
années: prouver que la nanofiltration,
déjà utffisée partout dàns
le monde pour le traitement des eaux,
l’électricité, l’industrie
automobile, peut remédier au problème du fluor.
Dès leur rencontre, Courfia, que Frère Luc-Marie
appelle amicalement par son prénom, a organisé au
Sénégal un grand colloque sur
l’application au fluor de cette technique de pointe.
Touchée par le projet des religieux, l’entreprise
leader mondiale de la nanoffitration a proposé de financer
la machine de filtration, avouant toutefois son scepticisme.
Qu’à cela ne tienne Avec l’aide
d’une compagnie aérienne amie, les
Frères ont envoyé par avion un
échantillon de leur eau. A l’examen, en
présence de Courfia, les résultats ont
dépassé les espérances...
Assis dans son bureau de l’université qui jouxte
le laboratoire, le scientifique jubile, sous son air grave,
à l’idée que son pays pourrait ainsi
venir à bout de la fatalité à laquelle
semblent s’être résolus
décideurs politiques et entrepreneurs. «Nous ne
sommes jamais allés aussi loin. Plus qu’une
victoire, ce serait le début d’une grande aventure
pour le Sénégal, explique-t-il. Si nous menons le
projet à terme, il y a de fortes chances pour que cela
produise un effet boule de neige.» Sa plus grande
fierté, s’il éradiquait ce
problème de santé publique, serait de rendre
service à son pays, ce qu’il a investi dans son
éducation.
Mais voilà. Une fois filtrée, l’eau
coûtera plus cher. Jamais à court
d’idées, les religieux ont fait appel à
Lamine Ndiaye, à la tête d’une
entreprise d’installation d’éoliennes,
espérant faire baisser le coût
énergétique. Celui-cia installé
à un prix concurrentiel des
anémomètres pour évaluer, selon la
puissance du vent, l’intérêt de cette
énergie renouvelable sur le terrain des Frères.
Verdict dans un an. Dans sa djellaba blanche, le
Sénégalais à la carrure imposante sait
la raison de son geste envers les Frères de Kaolack:
«J’ai été touché
par l’aspect religieux du projet. Pendant que les musulmans
offrent des sacrifices, les congrégations catholiques
installées depuis longtemps au Sénégal
oeuvrent toujours beaucoup pour le développement durable. Je
vous le dis en tant que musulman».•
Pour taire un don: Procure des missions, 10 bis, rue Moquin-Tandon,
34090 Montpellier.
Chèques à l’ordre de «Procure
des missions»
(pour obtenir un reçu fiscal, adresser les
chèques à l’ordre de
«Fondation des monastères»).
Les carmes nous aident
à unir action et contemplation
Interview de Mgr Benjamin Ndiaye, évêque de Kaolack
Quelle est la raison
d’être de la communauté des
Frères carmes dans votre diocèse?
Il nous fallait des religieux qui puissent aider les catholiques
d’ici à unir action et contemplation. Nous avons
besoin d’approfondir notre relation avec le Christ. En
Afrique, la vie est très communautaire, mais les
fidèles ont du mal à avoir cette relation
personnelle avec le Christ. C’est pour cela que nous avons
besoin d’un lieu où pouvoir effectuer des
retraites. Cela ne concerne pas que les fidèles, mais aussi
les prêtres et les religieuses. Les Frères
s’occuperont aussi de l’accompagnement spirituel
des séminaristes de l’année de
propédeutique.
Pourquoi font - ils du développement, alors que leur
apostolat concerne avant tout a vie intérieure?
La réponse tient à l’acquisition
même du terrain sur lequel ils doivent s’installer.
Pour les habitants des villages qui l’ont donné,
avoir de l’eau en quantité et en
qualité suffisantes représente un vrai
défi. De plus, les gens d’Eglise, quand ils
fondent quelque part, ont presque toujours oeuvré pour le
développement local, même lorsqu’ils
font partie d’une congrégation à
vocation contemplative. C’est presque une tradition. Nous
avons aussi beaucoup insisté sur la promotion de
l’environnement, en plantant des arbres qui sont
arrosés avec un système de
goutte-à-goutte qui est à la fois
économique et d’une grande efficacité.
Nous comptons aussi beaucoup sur le contact humain que les
Frères carmes auront avec les villageois. Ils pourront leur
apprendre comment arroser, comment utiliser les engrais, etc. Mais le
plus important, c’est le témoignage. Pas plus tard
qu’hier, j’ai rencontré la
mère du gardien du terrain. Elle est venue me voir et
m’a dit: « Cela faisait longtemps que je voulais
vous saluer Vous êtes vraiment des hommes de Dieu».
ÊTRE
CARME AU SÉNÉGAL, un coeur à coeur
avec Dieu
Faire
l’expérience de Dieu, et conduire les autres
à faire cette expérience. En terre africaine, la
règle du Carmel reste la même. Moyennant une
inculturation nécessaire. « L'Afrique,
c’est fini pour moi.» Frère
JeanSébastien avait un moment pensé devenir
prêtre Fidei Donum, pour la mission... avant de rentrer au
Carmel. Frère Alain-Marie, lui, avait vécu une
expérience forte comme instituteur en Egypte. Quant
à Frère Marie-Pierre, il avait quitté
le Gabon «le coeur gros» après sa
coopération Fidesco. Lorsqu’ils ont franchi la
porte du Carmel, aucun des trois n’imaginait que leur
province fonderait un jour le couvent de
l’Enfant-Jésus, en plein coeur du
Sénégal, et qu’ils seraient
envoyés vivre leur vocation contemplative dans un pays
à majorité musulmane.
Une véritable épopée que cette
fondation en 2002, à rappel de
l’évêque, pour aider les
fidèles à approfondir leur relation personnelle
avec le Christ. Frère Jean-Sébastien, qui faisait
partie de la première équipe, se souvient des
premiers mois dans un campement précaire, puis dans un
quartier mouride (une grande confrérie musulmane au
Sénégal). Bernés par les
commerçants, massacrés par les moustiques,
réveillés par des incantations musulmanes
interminables, les religieux ont connu des moments difficiles.
«Jusqu’à ce jour où nous
avons tous senti fortement que le Seigneur nous voulait vraiment
là. »
Avec leur prieur Frère Luc-Marie, ils sont quatre
Français, tous prêtres, dans leur couvent
provisoire de la ville de Kaolack. Deux Africains les ont
déjà rejoints: un novice guinéen,
Frère Moïse, et un jeune « regardant
» sénégalais. « Je ne vous
demande qu’une seule chose, le regarder » (sainte
Thérèse d’Avila). Au couvent de
Kaolack, les Frères vivent comme ailleurs ce coeur
à coeur avec le Christ qui est le centre de la
règle du Carmel, selon la réforme de sainte
Thérèse d’Avila: deux heures
d’oraison silencieuse à la chapelle, liturgie des
Heures, repas en silence, à l’écoute
d’une lecture. « La vocation
carmélitaine, explique le prieur, c’est
l’expérience intérieure de la foi vive
du mystère du Christ crucifié,
jusqu’à me donner à lui sans
réserve, jusqu’au don crucifié de
moi-même. »
Un
ministère entièrement
voué à l'accompagnement spirituel des
fidèles. Premier lieu de l’inculturation des
religieux en terre africaine, la musique. A la manière des
moines bénédictins de Keur Moussa, qui ont
adapté la kora, instrument africain à cordes, et
les mélodies des griots (musiciens locaux) à la
liturgie, Frère Marie-Pierre anime les offices. Et il est
rare que la petite chapelle (notre photo) soit vide aux heures des
offices, dès la messe de 7 h du matin. Les
fidèles du quartier redoutent déjà le
jour où les Frères emménageront
à quinze kilomètres de Kaolack, dans leur futur
couvent de Ndiaffat.

Le reste de la journée des religieux est consacré
aux différents services de communauté —
marché, cuisine... — et à leur
ministère, entièrement voué
à l’accompagnement spirituel des
fidèles catholiques. En attendant l’animation du
grand centre spirituel de Ndiaffat, ils répondent aux
demandes du diocèse, et prêchent des retraites.
Chaque jeudi, Frère Marie- Pierre donne un enseignement aux
Missionnaires de la Charité, muni de son petit dictionnaire
bilingue, car la petite communauté, en majorité
indienne, est surtout anglophone. Frère
Jean-Sébastien, lui, assure une heure de
catéchisme chez les «juvénistes
», un foyer vocationnel de jeunes filles.
« Notre rôle est de guider la liberté de
chacun», confie Frère Main-Marie, qui est le
directeur spiritue ïune dizaine de personnes. Et de confier
pudiquemt rune des premières grandes joies de son
ministère sénégalais, quand il a
reçu en confession quelqu’un qui ne parlait que le
wolof: « Je débutais complètement dans
la langue, mais on ne m’a pas demandé mon avis.
J'ai fait ce que j’ai pu. Et quand j’ai vu son
regard de reconnaissance... ça vous donne des ailes pour
longtemps.... »
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