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Fils de David
Abraham Cohen, un financier juif, et de son épouse, née Rosalie
Benjamin, Hermann Cohen étudia le piano dès l'âge de 4 ans et donna ses
premiers concerts à 11 ans. L'année suivante, il se rendit à Paris avec
sa mère pour devenir l'élève de Franz Liszt, dont il fut le protégé et
qui le surnommait « le mélancolique Puzzi ». Dans
cette ville, il se joignit à un cercle brillant que fréquentaient
notamment George Sand et Marie d'Agoult.
De 1842 à 1846,
Hermann Cohen voyagea à travers l'Europe en compagnie de sa mère et de
sa sœur. Il effectua une tournée de concerts à Venise, Paris, Londres
et dans différentes villes d'Allemagne, tout en composant des œuvres
pour piano.
Au mois de mai
1847, un jour qu'il dirigeait les chœurs à l'église Saint-Valère, il se
sentit touché par une grâce divine au moment de l'élévation du
Saint-Sacrement, puis, après une expérience du même ordre à Ems, il
décida de se convertir au christianisme. Son confesseur était le père
Théodore Ratisbonne, lui-même juif converti. Hermann Cohen reçut le
baptême le 28 août, avec la duchesse de Rauzan pour marraine. Puis il
entra au noviciat des Carmes du Broussey, fit sa profession de
foi le 7 octobre 1850 et fut ordonné prêtre le 19 avril de l'année
suivante.
Son éloquence
passionnée et la sensation qu'avait causée sa conversion firent de lui
un prédicateur en vogue, malgré l'insuffisance de ses études. Ce fut à
la suite de l'un de ses sermons que Bernard Bauer se convertit lui
aussi au catholicisme et devint carme déchaux. Le Père Hermann fut
également aumônier du Collège Stanislas, et il joua un rôle dans la
fondation de monastères à Bagnères-de-Bigorre (1853), Lyon (1857),
Tarasteix près de Lourdes (1857), et Londres (1862), où il s'était fait
connaître pendant sa carrière d'artiste. Il institua avec Mgr de La
Bouillerie, évêque de Carcassonne, la pratique de l'adoration nocturne.
Il passa quelques
années en Angleterre, à la demande du cardinal Wiseman et avec la
bénédiction du pape Pie IX, afin d'y restaurer l'ordre du Carmel, banni
depuis la Réforme anglicane. Il fit ensuite une tournée de prédications
à travers l'Allemagne et la France, qui s'acheva au monastère du
Saint-Désert de Tarasteix. Au début de la guerre franco-allemande,
Hermann Cohen s'enfuit en Suisse. Par la suite, il prit la charge du
lazaret à Spandau, où il contracta la variole en soignant des
prisonniers de guerre français, maladie dont il mourut.
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